Pourquoi faut-il aller à Cuba maintenant ?

Américaine à la havane
Américaine à la havane

 

Cuba la secrète ... Cuba, île mythique, économiquement pauvre mais culturellement riche, aux saveurs de rhum et de communisme , figée dans une époque que nous avons seulement connue dans les livres.   

Ce voyage, nous décidons de le faire « avant » qu’elle ne change (nous ne sommes pas seuls à avoir cette idée.. ?!) ..Mais tout en espérant aussi pour les habitants de l’ile que l’ouverture au tourisme et la levée de l’embargo améliorent durablement leurs conditions de vie sans dénaturer ce charme tout particulier qui sévit sur l’ile… 

Vieilles américaines près de la place du capitole
Vieilles américaines près de la place du capitole

Plus de 50 ans d’embargo ont durablement affecté les habitants, leur mode de vie ainsi que le paysage. 

Carte de tourisme (visa) en poche c'est parti pour 10 jours de roue libre à Cuba.  

Aller à Cuba maintenant, est un saut dans le passé, encore préservé du tourisme de masse, mais pour combien de temps encore ?

 

Aller à Cuba c'est aussi découvrir une autre agriculture, un système D, des plantations sur les toits, des personnes privées de tout capitalisme et qui recyclent tout en autarcie. Des vendeurs de briquets d'occasion et des enfants qui sauteront de joie si vous leur donnez un stylo.

 

Nous partons seuls, j’entends sans agence - car Cuba reste une destination pour laquelle le voyage organisé est encore fréquent - avec un vol sec sur Air Europa, compagnie dont je ne vanterais pas la flotte ni le service vu le prix payé, mais bon aller à Cuba se mérite.

10 heures de vol et un plateau repas plus tard, nous voilà atterri en terre Cubaine à l’aéroport José Marti.

 On aperçoit déjà de l’avion des voitures des années 50, vieilles américaines rabibochées, qui ressemblent vu d’ici a des jouets de collection. 

Quelle monnaie à Cuba ?

A Cuba il y a deux monnaies parallèles : le peso pour les Cubains,  et le CUC ou peso convertible (Cubano convertible) monnaie crée par Fidel et annexée sur le taux du dollar.

En tant que Touristes, nous n’avons accès qu’au CUC, qui quant à lui vaut 4 fois plus que le peso des locaux.

Et oui c’est ça aussi le tourisme à Cuba.

Le taux du Dollar au moment où j'écris équivaut à celui de l’Euro, le calcul n’est pas bien compliqué pour le taux du CUC.


La Havane

coucher de soleil sur la Havane
coucher de soleil sur la Havane

Chaleur tropicale, et sacs sur le dos nous montons dans un vieux taxi qui nous emmène en centre ville de la Havane, le chauffeur est sympa, discute – comme tout le monde à Cuba. Ils sont contents de voir des touristes.

Le centre ville est en plein travaux, et nous arrivons dans notre « casa particular » en plein cœur de Havana Vieja réservée sur internet 15 jours avant, mais vous pouvez en trouver facilement une sur place. Comme notre vol arrivait tard, nous avons préféré réserver en avance..

 


Qu'est ce que la Casa particular ?

 La casa particular - ou dormir chez l’habitant qui, après avoir payé une licence (et une rente mensuelle à l’état) a le droit de louer 2 chambres dans sa maison. Il en fait souvent une activité commerciale à part entière, est c'est selon moi le meilleur moyen de partir à la rencontre des Cubains. Il y a même maintenant depuis quelques mois Airbnb qui est présent.

Les gens se font payer par un homme de main d'Airbnb, et en cash, car les transactions bancaires ne sont pas encore autorisées avec les USA..

 

A cuba, oubliez internet, le wifi est inexistant et il y a très très peu d'accès à internet même pour les locaux. De quoi oublier son téléphone et s'immerger encore plus dans la vie Cubaine.

 

Vieille dame posant dans la rue (contre rémunération en CUC de preference)
Vieille dame posant dans la rue (contre rémunération en CUC de preference)

Cuba regorge de casas particulares et vous verrez les dizaines de panneaux sur les portes pour signaler leurs présences. La tradition veut qu’elles portent le nom du mari et de la femme qui vous accueille exemple : Angel y Luisa,  Jesus y Maria etc. Notre casa est super, dans une vieille maison avec cour intérieure et cordes à linges tendue en plein milieu.

 

Bien sur les standards sont cubains au bord du kitsh : murs bleu ciel, cadre de lit plastifié (ça m’a toujours fasciné) un cafard qui baigne dans la cuvette des toilettes (je croyais que les cafards nageaient ?) mais c’est largement suffisant.

 

On va donc diner avec la famille qui nous accueille avec un : Quieren pescado o carne ? - Poisson pour moi. Cette activité de restauration complète leur activité commerciale. Nous voilà, discutant avec la fille de la famille, en sirotant un mojito (ce qui deviendra vite une habitude quotidienne). Elle a 21 ans, et un enfant de 2 ans avec un homme marié avec qui elle n’est plus vraiment. Elle nous explique qu’elle est tombée enceinte 15 jours après l’avoir connu. Bref c’est compliqué !

 

La nourriture à Cuba en général tourne autour du poisson ou de la viande J'entends par viande poulet ou porc, le bœuf étant propriété de l'état il est interdit d'en manger. Vestige de la période de disette (periodo especial) ou le lait et la viande étaient des denrées très rare et très chères, donc annexée par l'état.

 

Une assiette typique d'un repas Cubain serait : du poisson, du riz, ou des haricots rouges / bananes frites, et des crudités: concombre tomate. Très simple mais très bon. Aussi sachez qu'en bord de mer la langouste foisonne. Je suis déjà sous le charme de cette île, latine, isolée, pleine de charme.

Pourtant la décrépitude des édifices et des rues montrent la difficulté des années passées.. La havane.. colorée, métissée, joviale.  Quelle ville. Il y a des métisses, des latinos, des descendants d'esclaves, et d’européens. Ce qui me frappe c’est cette mixité dans les rues et l’impression qu'au moment de l'embargo tout le monde s’est retrouvé dans la même situation. Je veux dire par là, que la mixité incroyable de l’île et son histoire ont fait que l'on ne distingue pas de classes sociale apparentes.

Un coiffeur en pleine action dans le centre de la havane
Un coiffeur en pleine action dans le centre de la havane

Au premier détour d’un rue, un havanais nous reconnait déjà et nous propose de venir boire un verre "gratuit" dans le bar ou venait Hemingway en personne.

 

Deuxième détour de rue c'est "la vente de cigare" tout droit venus de la coopérative du cousin à un prix exorbitant.

 

Au Troisième détour de rue, une femme nous aborde, elle nous a reconnu car nous sommes à la casa particular de ses voisins, quelle coïncidence. Elle nous balade, on joue un peu le jeu, elle veut nous emmener dans la maison de la mère de Fidel castro, et là on croise son mari qui lui, incroyable a un cousin en France J

 

 

Bon nous écourtons notre discussion avec eux au moment où ils nous demandent de l'argent pour leur enfant, rien de bien méchant, Nous leur donnons quelques affaires.                          

Peinture du CDR ou "Comité de Défense de la Révolution"
Peinture du CDR ou "Comité de Défense de la Révolution"
Au détour d'une rue de la Vieja havana
Au détour d'une rue de la Vieja havana

Cuba est très safe, car tout le monde est surveillé, mais comme vous l’avez compris – presque exclusivement à la havane – certaines personnes vivent de petits larcins et peuvent être très insistants jusqu’à obtenir quelques CUC.

Personnellement je n'ai que rarement rencontré des personnes aussi gentilles qu’à Cuba, donc je ne m’attarderai pas sur ce point, mais sachez que la réalité a ses surprises aussi.            

 

Sur 2 journées à la Havane, nous visitons les points principaux de la ville – en gros que vous trouverez dans n’importe quel guide, et déambulons dans la ville.

 

Néanmoins je garde un très bon souvenir de la plaza vieja, avec ses superbes façades et ses écoliers déambulant dans la rue, ainsi que des terrasses et des bars sur la Calle Obispo où des groupes de musique Cubaine se produisent dans la rue.

 

Une fille passant dans une voiture fait un clin d’œil et un sourire à Monsieur, ce qui le flatte, et me fait sourire. 

 

 

 

Comment se déplacer à Cuba ?

N’ayant pas réussi à louer une voiture depuis Paris, car nous nous y sommes pris trop tard, (10 jours avant..) ou en tout cas dans une période de rush, l’agence (novela cuba) n’a pu valider notre réservation de voiture, car ils n’avaient pas la confirmation de leur agence à Cuba.

 

Bus

Prendre le bus avec Via Azul est assez long, mais fiable. Les grandes liaisons sont assurées sur toute l'île.

Il faut réserver sa place à l'avance en ligne, (ils vendent aussi des places là bas, mais il faut y aller tot). La station de bus de la Havane est loin du centre.

 

Taxi

Le taxi est une bonne option dans les grandes villes. Mais pour les grandes distances rentable seulement si vous êtes 4 personnes. A 2 personnes, louer une voiture est la meilleur option si vous souhaitez aller où vous voulez.

 

Avion

L'avion peut être une bonne option pour les grandes distances type La Havane / Santiago, mais pas pour un circuit Trinidad, Cienfuegos, Viñales car il y a peu d'aéroport dans l'île.

 

Voiture 

L'option que nous avons choisi. Nous devons donc trouver une voiture à louer sur place (2 fois plus cher que depuis Paris, car loué par l'état : Prix Fixe. Soit 700€ pour 8 jours au lieu de 360€ sur internet..)Nous voulons être assez libre pour pouvoir visiter et nous arrêter quand bon nous semble, mais aussi pouvoir prendre des gens en stop (car à Cuba tout le monde fait du stop).

Nous y allons après un déjeuner sur le pouce dans un marché local, et en peso (1/4 de CUC la part pizza avec fromage qui colle aux dents)

 

Nous louons une voiture (de la marque "Geely" de fabrication chinoise s'il vous plait) dans un hotel de la plaza central, et après une bonne heure de formalité nous la récupérerons.

 

1er stop :  Baia de cochinos  puis– Playa larga, Cienfuegos, Trinidad, Santa Clara, Sancti Spirtitus et pour finir la vallée de Viñales.


Trinidad et Cienfuegos

la route de La havane vers Varadero
la route de La havane vers Varadero

Nous partons en direction du sud, plus précisément vers Cienfuegos et Trinidad en voiture.

Nous décidons, juste pour "voir" de passer à Varadero, qui n'est pas vraiment sur la route, mais ne fait pas non plus faire un énorme détour.

 

Varadero, c'est un peu "la vache à lait" de Cuba, des resorts à perte de vue, des hotels en all inclusive et des hordes de touristes (principalement canadiens) qui font les toasts sur la plage. La route est très belle, nous traversons quelques villages, et prenons en stop une jeune cubaine (flutiste) qui travaille justement à Varadero dans un hotel.

La jeune fille voulant nous payer, nous apprenons ainsi que le "stop" n'est pas du vrai stop, car il est rémunéré, les gens font même la queue pour se faire prendre en voiture. Le manque de transports publics et le prix élevé des voitures a obligé les gens à créer ce "co-voiturage" bien avant chez nous.. :)

 

Cuba a finalement malgré elle une longueur d'avance sur l'économie collaborative.


Cienfuegos

Playa larga dans la baie des cochons
Playa larga dans la baie des cochons

Varadero, c'est moche, des hotels des années 80 tout bétonnés, et construits à 10 mètres l'un de l'autre. La plage quant à elle est bien entendu exceptionnelle, mais nous passons notre route ravi d'avoir vu ce que nous ne voulions pas pour ce voyage.

 

La baie des cochons n'est pas aussi belle que que Varadero, mais le côté historique du fiasco militaire de 1961 qui poussa Fidel à s'engager avec l'URSS et humilia les Etats Unis, vaut le détour. 

Ce sont de sympathiques villages de bord de mer, où la vie est douce.

 

Nous prenons  la route le lendemain matin, direction Cienfuegos la coloniale "la perle du Sud" Extraordinairement bien conservée.

 

La ville est assez petite et facile à visiter à pied.. On s’arrête acheter des CD pour la voiture, histoire de mettre l'ambiance pour nos heures de route on repart avec 5 CD pour 2 ou 3 CUC.

 

Il s’avérera que 2 sur 5 n'ont jamais fonctionné :) Mais pour les 3 autres nous les avons mis en boucle. 

Bien sur Compay segundo et Buena Vista Social Club en faisaient parti.   

 

Nous arrivons dans une casa très touchante, dont les propriétaires sont très agés.

Anciennement professeurs à la retraite, ils ont reconvertis leur maison coloniale en guest house pour arrondir leur fin de mois. Quelle gentillesse, quel accueil à La casa de la amistad. La propriétaire tient un livre d'or où elle nous montre les messages laissés par les gens. Elle comptabilise aussi toutes les personnes qu'ils ont accueilli et leur nationalité : plus de 3000 à ce jour !

 

J'ai été très touché par leur maison, l'ambiance qui s'en dégageait, Armando et Leonor ont le cœur sur la main et leur belle maison coloniale en plein centre de Cienfuegos est mon coup de cœur du voyage. Et la spécialité de Leonor ? le poulet au coca cola, qu'elle vous préparera sur demande.

Je discute avec Armando et il me fait cadeau d'un collier "porte bonheur."

 

Cienfuegos, à le calme d'une petite ville de province avec un passé rayonnant,

Nous discutons avec quelques cubains, et mangeons un poisson sur le port - très bon.  

Nous buvons aussi quelques mojitos dans un bar de l'état où même la serveuse est fonctionnaire.  


Donner à Cuba

A Cuba, nous avons donné plus de la moitié de nos affaires. Toutes vos affaires auront ici une seconde vie. 

Les gens, embargo oblige manquent de tout. Les enfants aussi. J'avais ramené plein de choses en ne sachant pas vraiment de quoi les gens avaient besoin..

J'avais aussi un peu peur de passer pour l'occidentale un peu hautaine qui donne aux gens pour se donner bonne conscience. 

 

Et bien en fait, tous les habits, échantillons de crème/parfums, crayons, stylos, fourniture scolaire, T-shirt ou même un vieux Nokia 3310 trouveront toujours preneurs, et ce dans un cycle court.

Rien n'est gaspillé à Cuba.  Si vous le pouvez (voulez) Donnez.


Dans les rues de Trinidad
Dans les rues de Trinidad

Trinidad

Grupo "los pinos" à Trinidad
Grupo "los pinos" à Trinidad

Nous partons en direction de Trinidad dans la province de Sancti Spiritus son centre historique à l'architecture coloniale est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

 

Ah Trinidad.. quelle ambiance dans les rues avec ces joueurs de Dominos (qui cachent souvent une bouteille de Rhum à leurs pieds)

Trinidad et ses maisons colorées, toutes différentes et toutes incroyables. 

 

Notre petite casa particular recommandée par la casa de la Amistad est très sympa (à Cuba toutes les casas ont des amis : comprendre échange de service : ils envoient les voyageurs chez leurs contacts dans la ville suivante et vice versa). Toutes les générations de la famille sont présentes.

La ville se fait facilement à pied, puis le soir tout le monde se retrouve pour un mojito ou un rhum sec pour les plus courageux, à la casa de la musica sur la plaza mayor. Il règne une ambiance hors temps.

 

Rencontre Cubaine :

Nous rencontrons là, Alberto un cubain de 70 ans qui discute longuement avec nous (et aussi on lui offre un verre) et nous raconte la guerre d'Angola à laquelle il a participé en tant que pilote.

 

Alberto qui a toute sa tête et une bonne touche d'humour, nous fait vraiment rire, et soudain je m'imagine sa vie de Cubain, les années de guerre, le régime. Ils nous propose de passer chez lui le lendemain. Sur ce nous allons manger une langouste délicieuse et fraîchement pêchée, dans un des nombreux restaurants de Trinidad.


Nous nous levons et décidons donc avant de quitter Trinidad pour Santa Clara, d'aller chez Alberto rencontré la veille, après tout pourquoi pas..?

Nous nous perdons un peu dans les rues de Trinidad pour trouver sa maison, et là surpris de nous voir il saute de joie.

Il habite dans une petite maisonnette coupée en deux par un mur de brique rafistolé (car il ne parle plus à sa sœur qui est sa voisine) Et là je suis très émue de voir sa maison. Qui est vide.

Il a un vieux matelas et une vieille armoire en bois, la peinture est écaillée, tout est décrépit. Il n'a pas de cuisine ni de salle de bain, et nous dit de revenir l'année prochaine car il nous dit que bientôt il espère faire des travaux.

 

Mais il est si content de nous voir qu'il nous montre et déballe ses médailles, des diplômes et vieilles photos des années 60.

Quelle émotion, il nous raconte tout : la guerre d'Angola, où Cuba combattait au côté des Angolais, le régime, l'histoire avec la Chine, les médailles, la "période spéciale" mais regrette de n'avoir rien à nous offrir, et du coup je bois ces paroles. 

 

Chez lui, je réalise la vie et l'histoire des Cubains. 

 

Une belle rencontre, touchante. Je lui ai promis de lui écrire, et de lui envoyer les photos, mais je ne l'ai toujours pas fait... Nous lui avons laissé quelques affaires bien que cela ne fut pas l'objet de notre visite, mais cette rencontre a vraiment marqué un tournant dans ce voyage. 

 


Santa Clara & Sancti Spiritus

Panneau d'affichage entre Sancti spiritus et Santa Clara
Panneau d'affichage entre Sancti spiritus et Santa Clara

Après plusieurs auto stoppeurs pris sur la route, dont 2 jeunes filles qui rentraient de l'école, et un vieux monsieur qui sortait du travail à l'usine (et qui entre nous, n'avait plus l'âge de travailler) nous arrivons à Sancti spiritus, petite bourgade sympathique, mais où l'on sent que les touristes ne sont pas aussi communs qu'à Trinidad.

 

Nous faisons rapidement un tour de la ville qui a le même style d'architecture que Trinidad mais décidons de ne pas dormir ici, direction donc Santa Clara. 

2 heures plus tard, nous sommes à Santa Clara, c'est la ville du Che. Il est partout. 

Il repose même ici, dans un mausolée géant, de style soviétique, donc grand, très grand.. Sinon Santa Clara est une ville étudiante.

Nous avons récupéré l'adresse d'une casa particular conseillée par une amie et partons donc à la rencontre de nos hôtes, qui nous accueillent en famille suite à notre réservation téléphonique quelques heures plus tôt. Leur appartement est agréable plein de terrasses cachées, ils nous conseillent 2 ou 3 restos, et nous partons à la découverte de la ville.

Comme il est déjà tard on laisse la visite du mausolée du Che pour le lendemain. 

 

Grace aux propriétaires de la Casa on se fait un super resto, en mode local et il y a queue à l'entrée. Les tarifs sont très peu chers et bonne bouffe au Rdv.


Mausolée du Che

Le lendemain on part visiter le mausolée, qui est à faire pour le côté historique (on ne connait pas forcément l'histoire du Che qui est d'ailleurs mort en Bolivie et né en Argentine)  

Le mausolée en lui même est une curiosité à part entière, comme un énorme rond point. On y retrouve l'architecture communiste dans toute sa splendeur.

Il faut rentrer sans appareil photo. Un petit parcours reprend l'histoire du Che, son enfance, sa famille.. Des morceaux de peintures s'écaillent de part et là.

Puis l'on rentre dans une salle obscure où reposent les restes du Che ainsi que d'autres combattants, surveillés de près par des soldats.

 

Nous retournons déjeuner au même endroit que la veille au soir (un petit faible pour le cerdo asado) et en début d'après midi nous partons en direction de l'est. 5h de route pour Viñales

Nous avons fait le choix de ne pas nous arrêter dans les Cayos (grandes étendues et plages de sable blanc au Nord )mais simplement par manque de temps.


Vallée de Vinales

vallée de Vinales #No filter
vallée de Vinales #No filter

Nous prenons la route en direction de l’ouest, et traversons la «autopista nacional» une 6 voies où nous sommes seuls, oui, pas d’embouteillages sur les routes de Cuba..

Mais attention tout de même car des personnes traversent à pieds en courant, et des vendeurs ambulant n’hésiteront pas à se mettre au milieu de la route alors que vous êtes à pleine vitesse pour vous vendre des bananes.

 

Aventure sur l'autopista Nacional..

C’est justement à ce moment qu’il nous est arrivé une chose étrange.. J’avais pris le volant une heure avant, ligne droite autoroute, facile, en faisant attention aux quelques trous dans la route (car oui la folie des grandeurs du régime à fait construire des 6 voies, mais n’a pas vraiment les moyens de les entretenir..)

Et la, d’un coup, un type se met au milieu de la route au niveau d’un pont en faisant des grands signes, on est à 100 mètres de lui et je freine en urgence car il ne bouge pas du milieu et fait de grands gestes. En panique je rétrograde, et arrivée à son niveau, je vois une dizaine de personnes qui attendent sous le pont à sa gauche.

 

Il s’approche de nous en courant et nous montre une carte avec sa photo, en nous disant qu’il est un agent officiel de l’état, et que nous sommes obligés par la loi Cubaine de nous arrêter prendre une des personnes sous le pont qui attend un moyen de transport car leur bus est tombé en panne. Et sinon ? Et bien nous agissons contre la loi.

 

C’est quand même étrange car il n’y a aucun bus en panne aux environs...

Bref on se regarde et on analyse brièvement la situation : deux options -> On redémarre en déclinant, ce qu’on essaye de faire gentiment en disant qu’on connait la loi, et qu’il n’est pas obligatoire de prendre un passager car nous sommes des touristes et pas des Cubains, ou alors, on prend quelqu’un et bon on verra bien..?

Dans la plantation - Feuilles de tabac qui sèchent
Dans la plantation - Feuilles de tabac qui sèchent

 La première option nous a paru un peu compliqué, vu son insistance et le ton agressif qu'il employait, et à Cuba contrarier un agent de l’état nous entraînerait des problèmes.

Dans le doute, on dit donc ok mais pour une personne seulement.

On se retrouve donc avec un jeune cubain « ingénieur »  de 22 ans qui est assez sympathique et nous raconte qu’il attend son bus depuis 2h et qu’il a une petite fille qui vient de naître.

On reste un peu méfiant, malgré que l'on ai pris pleins de personnes en stop, la manière dont ce stop "forcé" s'est passé nous rend bien entendu méfiants.

 

Quand il nous demande d’où l’on vient, il nous dit qu’il n’est jamais parti de la région de Viñales, mais que le parfum Français, ça il connait.

On discute pas mal avec lui, et il nous propose de nous emmener dans une plantation de tabac, pourquoi pas ? C’est « ses amis » même si on reste quand même prudents sur l’idée.

Viñales est la région des plantations de Tabac à Cuba. Des milliers d'hectares lui son consacré, pour la fabrication des fameux cigares Cubains. 

On visite cette plantation, accueilli par un jeune homme assez insistant qui nous sort un discours sur les cigares quasi parfait et en français « mon ami »

 

Il nous fait essayer un cigare avec du miel au bout, gratuit « mon ami » Lui aussi en fume un pour l'occasion. On est seuls avec eux dans la plantation ou sèchent des centaines de feuilles de tabac, après petit tour de passe passe sort les tarifs : quelque chose comme 30€ le cigare Un COHIBA (donc le meilleur cigare Cubain. Une affaire donc :)

Oui bon, on se doute de l’entourloupe car à Cuba la majorité des cigares vendus sont de la contrefaçon, mais on était quand même contents de voir. C’est ça aussi l’aventure à Cuba.

 

On arrive quand même à partir, sans se faire arnaquer ni rien acheter, mais leur discours est bien rodé.

Nous laissons notre ami rabatteur et lui offrons des échantillons de parfum Français et quelques habits pour sa femme.

Nous reprenons la route pour Vinales qui n’est plus très loin.. et qui comme par hasard est rempli d’hommes qui font du stop mais qui sont en fait des rabatteurs pour les plantations de Tabac environnantes.  

 

J’ai compris, mais bien plus tard qu’a Cuba les voitures « louées » sont toutes estampillées d’un « T » pour Tourismo sur la plaque d’immatriculation et signale donc aux Cubains que vous êtes un touriste. Malin.

On ne saura jamais si le barrage sur la route par l'agent d'état est en fait une ruse pour embarquer des rabatteurs avec les touristes, mais cela est probable.

Après 5h de route nous arrivons en fin d’après midi dans la vallée de Viñales. C'est très beau.

Une toute petite ville et en forme de croix avec seulement 2 grandes rues qui se croisent. Un village en fait, entouré de vallées bien vertes et des "magotes" formations montagneuses.

 

Il faut savoir que Viñales étant à 1h30 de la Havane, tous les touristes venant à Cuba passent par cette case.

Quasiment toutes les maisons sont des casas particulares, et tout le monde loue des chambres.

 

Faisant partie du circuit touristique classique, elle reste néanmoins très agréable à visiter pour ses plantations de tabac, sa vallée,  et ses montagnes.

Nous trouvons une petite casa chez milagros y yamilé un couple charmant vivant avec les 3 générations de la famille dans plusieurs maisonnettes ouvertes.

On nous fait signer le registre des visiteurs, car oui : l'état demandent aux hôtes de tenir à jours l'identité des personnes qu'elle accueille (et vérifie les passeports) et ils peuvent même faire une visite surprise.

 

Yamilé nous raconte même que les agents de l'état viennent vérifier les troupeaux de vaches régulièrement (Oui on ne mange pas les vaches c'est un bien de l'état, un genre de leasing) et que si l'une d'entre elle venaient à manquer au moment du pointage c'est l'amende assurée.

Si par exemple l'une d'entre elles venait à mourir de vieillesse, ou de maladie, seul un certificat officiel fait par un vétérinaire, et donc payant pouvait sauver le propriétaire de la vache de l'amende.

 

On rencontre des amis de Paris à Viñales, quelle coincidence et partons boire des mojitos pour fêter ça. le petit village est agréable.

Au moment où nous y sommes allés, cela était encore correct niveau touristes. On s’arrête dans un bar avec des locaux qui dansent la Salsa sur des tubes Cubains.

 


Vallée de Viñales à cheval

Dans la vallée de Viñales
Dans la vallée de Viñales

Le lendemain nous partons dans la vallée en cheval avec un guide, "cousin" de Yamilé. Les chevaux s'appellent tous les 3 pareils. Caramello , pour leur couleur, ça nous a fait sourire.

La vallée est vraiment très belle. On ne regrette pas la balade malgré les 35 degrés qui sévissent déjà à 11h du matin.

Notre guide, est marrant, il nous fait faire le circuit classique et on croise pas mal de gens à pied qui randonnent (même circuit mais qui prend la journée)

On s’arrête dans une grotte, payons un type à l'entrée pour la visiter. Un peu de fraîcheur.. On visite également une plantation de tabac, avec explication de tout le procédé pour faire les fameux Cigares.

On en achète une dizaine pour 20-25CUC, loin des 30CUC l'unité de la veille.. On voit pas mal d'animaux de la ferme, tous très maigres. Cochons, bœufs, poulets etc.

Feuilles de Tabac qui sèchent
Feuilles de Tabac qui sèchent

On déjeune chez Yamilé, il y a sa belle mère qui vit avec eux.

Elle est née dans cette maison, il y a 80 ans, et elle a vraiment la pêche pour son âge. On discute longuement avec elle,

Elles nous font à manger un poulet (entier!) avec des pommes de terre. Un délice.

 

L'aprèm on visite les alentours, on retrouve nos amis . Nous allons sur les hauteurs de Viñales en voiture.. Le relief est agréable, il y a des dindons partout. Pour finir cette belle journée on dine à l'Olivo, qui est au croisement des 2 principales rues, facile. 

 

 

Cayo Jutias

Cayo jutias
Cayo jutias

On décide de partir le lendemain pour la journée à Cayo Jutias (Il y a aussi à côté Cayo Levisa, mais c'est une île avec un hotel assez cher, et des bungalows complets quand nous y étions)

 

Cayo Jutias est une superbe crique située à 1h30 en voiture de Vinales.

 

Quand nous le disons à Yamilé, elle nous demande si elle peut venir avec nous en voiture, car sa mère et ses sœurs, des jumelles, habitent sur la route de Jutias. Elle ne les a pas vu depuis plusieurs mois, car elle n'a pas de voiture. 

On embarque bien évidemment notre hôte, qui trop sympa, nous a même fait des sandwichs pour la route. Elle a aussi ramené avec elle deux sacs remplis de nourriture pour ses sœurs et sa mère.. 

 

Elle nous demande si on est marié et si on a des enfants ? On lui répond que non, pas encore.

A notre age (28 ans) elle trouve cela très étonnant.

Elle nous raconte aussi la vie à Viñales où elle s'est installée pour rejoindre son mari il y a 20 ans (elle en a 37) 

 

Cayo Jutias
Cayo Jutias

Elle nous raconte aussi que ses sœurs jumelles souffrent d'un retard mental, car lors de l'accouchement elles ont été privées d'oxygène, je n'ai pas bien compris pourquoi exactement, mais voilà. On la dépose donc chez sa mère, et ses sœurs nous font des grands signes et sourires quand on s'éloigne. On la récupérera sur le retour en fin d'après midi.  

Cayo Jutias c'est magique, les caraïbes à l'état brut. Du sable blanc, des eaux cristallines et personne.

 

Quelques chauffeurs de taxi font la sieste dans leurs vielles voitures Américaines les portes ouvertes, en attendant leurs clients. 

On passe une belle aprèm sur cette plage.. La vallée de Viñales a vraiment une atmosphère exceptionnelle.


Vue sur Habana Vieja
Vue sur Habana Vieja

Notre voyage touchant à sa fin, nous sommes retournés à la Havane pour rendre la voiture, et ainsi passer une dernière journée dans cette ville atypique. Notre regard est tout autre que celui du premier jour.

Maintenant je connais et comprends mieux un bout de l'histoire Cubaine. J'ai été enchantée, touchée, par ces rencontres, ces personnes, qui ont fait de ce voyage une réelle découverte hors des sentiers.

 

Allez à Cuba si vous cherchez de l'authenticité des personnes qui n'ont rien (d'un point de vue Capitalistique Occidental), mais qui ont, sur un point de vue humain beaucoup plus.

Comme si pendant cette coupure de 50 ans, il étaient restés dans une bulle isolée de la surconsommation, des pesticides, de l'agriculture intensive, et de l'individualisme en général.

 

Nous n'avons pas pu visiter plus de choses en 10 jours, mais il est possible de prendre un avion de la Havane pour Santiago de Cuba à l’extrême sud-est de l'île  qui apparemment vaut le détour.

 

Allez à Cuba pour donner et recevoir en retour de belles rencontres humaines. Un voyage définitivement humain.

  


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Commentaires: 8
  • #1

    Chrissand (vendredi, 19 août 2016 16:06)

    Pas besoin de m'en convaincre plus, Cuba nous attire pour un voyage. Savez vous quel budget faut il compter pour 10 jours par personne (avion, voiture, logement, visite...)

    Et dernière question, est ce un pays intéressant pour des enfants de 5 ans?
    Vous pouvez me répondre sur mon mail chrissandvoyage@gmail.com,

    Merci

  • #2

    Pinarelle (lundi, 22 août 2016 08:04)

    Bonjour chrissand,
    Merci pour votre message :) Cuba offre en effet différents aspects (histoire, culture, humain, plage, paysage..) qui sont intéressants à tout âge.
    Budget pour 10 jours : tout dépend du logement, si vous faites des casa particular comptez 30-40cuc (ou dollars) par nuit pour 2. Sinon Vous trouverez des Hotels dans les principales villes : Havane, Trinidad etc..
    Pour nous le plus gros du budget a été la location de voiture (compagnie de l'état) mais si vous vous y prenez à l'avance vous pouvez en louer une pour moins cher depuis la France avec novelacuba 350€ la semaine . Comptez aussi 25$ de visa par personne à l'entrée et à la sortie..! La nourriture est généralement bon marché 5-6€.
    Profitez bien !!

  • #3

    Francisko (lundi, 29 août 2016 17:39)

    Bonjour

    Merci pour vos infos sur CUBA pays où je dois me rendre du 10 au 26 janvier 2017
    Pouvez vous me laisser des adresses de casa particular sur la havanne Vinales Trinidad Santa Clara et Cayo Levisa
    Est ce un circuit possible en bus en 15 jours
    Cordialement

  • #4

    Pinarelle (lundi, 29 août 2016 18:00)

    Salut Francisko !
    Oui ton circuit est tout à fait faisable sur 15 jours. Tu peux commencer par la havane puis Viñales /cayo Levisa et continuer sur le reste. Tu peux passer 3 jours dans chaque endroit (mais j'ai préféré Cienfuegos qui n'est pas dans ton itinéraire à Santa Clara)

    Il y a pleins de casa particular dans tout cuba !
    -La vieille Havane: Casa Alexis y Mary, calle San Juan de Dios No106. Ils étaient sympas et la maison était grande
    - Cienfuegos : La casa de la amistad. Très belle casa coloniale et poulet au coca cola en guise de spécialité.
    - Viñales : Casa de Yamilé y Milagros. Famille très accueillante et superbe terrasse avec vue sur la vallée.
    A trinidad : Je ne me souviens plus du nom de la casa, mais il y en a pleins dans les casas coloniales du centre.
    Sinon tu peux réserver la première Casa et après te laisser guider par les conseils des propriétaires où tu es, ils connaissent tous un casa dans les autres villes et s'envoient les gens entre eux. Buen viaje

  • #5

    Soph (samedi, 21 janvier 2017 11:11)

    Hello Pinarelle,

    Merci pour ton super compte rendu, nous partons dans une semaine et allons faire plus ou moins le même itinéraire.
    Petite précision : te souviens-tu du nom du restau à Santa Clara ("Grace aux propriétaires de la Casa on se fait un super resto, en mode local et il y a queue à l'entrée. Les tarifs sont très peu chers et bonne bouffe au Rdv.") ?

    Merci et à très vite,

    Sophie

  • #6

    Pinarelle (samedi, 21 janvier 2017 11:21)

    Salut Sophie !

    Merci pour ton message :) J'ai cherché par tous les moyens le nom de ce restaurant..
    Je crois que c'était "El Alba 26 Buen Viaje, Santa Clara", mais à confirmer. Tu verras s'il y a du monde devant et un peu d'attente c'est bien lui ! C'est dans le centre, et il y a sinon plusieurs petits restaurants dans le coin
    Bun viaje ;)

  • #7

    Soph (samedi, 21 janvier 2017 17:48)

    Merci de ta réponse, au top :)
    Je te confirmerai ça dès mon retour.
    Hasta luego!

  • #8

    Jean-Blaise Hall (lundi, 09 octobre 2017 21:26)

    Merci, pour ce joli compte rendu de votre voyage, on prépare un séjour de même nature pour cet hiver, bravo, cordialement, Martine et Jean-Blaise